CONTAMINATION ENDOGÈNE DE L’AIR DES SALLES INFORMATIQUES

La norme ISO 14644-1 recense les grandes familles « d’environnements maîtrisés », c’est-à-dire : du point de vue de la qualité de l’air nécessaire à la continuité de l’activité dans laquelle ils s’inscrivent. Les laboratoires pharmaceutiques, les blocs opératoires, les centres de production de composants électroniques, l’industrie de transformation laitière… et les salles informatiques in-house ou en Centre de données, pour ne citer que ces exemples, sont ainsi répartis par le standard international selon des degrés de propreté particulaire plus ou moins restrictifs. En salle informatique, malgré les efforts déployés par les concepteurs pour atteindre un objectif de Qualité de l’Air Intérieur « ISO Class 8 » (concentration maximale : 3,52 millions de particules de diamètre moyen supérieur à 0.5 μm par mètre-cube d’air), il existe malheureusement des sources de contamination interne ultérieure à la conception.

En premier lieu, le simple fait d’exploiter les salles informatiques génère de la pollution particulaire. Les exploitants en charge de la réalisation des gestes de proximité émettent des millions de particules fines par minute (rappelons qu’à ce titre, l’accès à la salle de personnels non-exploitants devrait être exceptionnel). Cette pollution endogène, naturelle, est augmentée par certaines opérations en salle : par exemple, le frottement de pièces d’armature (fixation de châssis, utilisation de rails coulissants…) et la découpe de câbles génèrent de la poussière métallique. Et ce, malgré les quelques précautions vestimentaires d’usage (telles que l’emploi de sur-chaussures à usage unique) et le rejet systématique d’accès à la salle de tous les matériels qui n’ont rien à y faire.

D’autre part, il peut arriver que des travaux en salle échappent -par négligence, ignorance, ou accident- aux contraintes habituelles de qualité nécessaires à leur réalisation, qui sont pour l’essentiel : le cloisonnement sur mesure avec des matériaux adaptés (ex : polyane) et l’aspiration immédiate des particules émises. Les conséquences pour les équipements IT et non IT, catastrophiques, sont alors rapidement identifiables (apparition d’une couche de poussière visible sur les surfaces) et le micro-dépoussiérage passe du statut procédure d’entretien périodique à celui d’action curative à mener à court terme sous peine de pannes multiples, voire d’arrêt de production. Ce nettoyage en profondeur, que l’on peut faire mener à chaud, est invariablement réalisé par des sociétés spécialisées usant de matériels adaptés, comme des aspirateurs à filtre HEPA et des pistolets ionisants.

 

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