SÉCURITÉ ÉLECTRIQUE DES ÉQUIPEMENTS MONO-ALIMENTÉS

Contenu mis à jour le 11 février 2018

Au sein des Centres de données, les références « Tier » (Uptime Institute) qualifient le niveau de disponibilité du service, par exemple : possibilité ou non d’une maintenance de l’infrastructure sans perturbation de la production IT, tolérance ou non à la panne d’un composant quelconque de cette même infrastructure… La qualité de la conception de la fourniture d’énergie, parmi les différentes fonctions distribuées vers les équipements informatiques, est prise en compte dans l’évaluation du niveau de disponibilité. C’est pourquoi la gestion de la continuité de l’alimentation électrique des composants mono-alimentés demande une attention particulière. Généralement, les matériels mono-alimentés ne sont pas pressentis pour une exploitation optimale. S’ils sont double-alimentables par adjonction d’un module d’alimentation électrique additionnel, cette modification matérielle est opérée systématiquement et indépendamment de la finalité IT.

Les matériels mono-alimentés ne disposent que d’un seul bloc intégré d’alimentation électrique (1 seul cordon d’alimentation) et correspondent souvent à des  systèmes historiques matériellement non évolutifs. Dans ce cas de figure, la première question à se poser consiste à qualifier la criticité de la fonction IT offerte par l’équipement mono-alimenté : si l’organisation peut fort bien se passer, pour une période définie, du service pourvu par l’équipement, ajuster le PRI pour tenir compte de ce faible niveau de criticité peut s’avérer suffisant. D’autres configurations matérielles mono-alimentées sont justifiables par leur fonctionnement en mode cluster. Dans le cas d’un cluster intra-salle (ou inter-salles au sein du même datacenter) et d’une stratégie énergétique de double-adduction, les nœuds du cluster IT devront alors être uniformément répartis parmi les deux sources énergétiques disponibles.

Cependant, des équipements IT mono-alimentés récents et non-clusterisés peuvent héberger des fonctions critiques en dépit de l’application des bonnes pratiques d’exploitation. Par exemple, certains opérateurs télécom en situation de monopole sectoriel les imposent sur certains réseaux professionnels. Dès lors, si cette situation est acceptée en l’état, les opérations de maintenance exigent soudainement l’application et le maintien de procédures d’arrêt/relance spécifiques nuisant à l’autonomie des équipes en charge des processus support. Pire, l’arrêt non planifié d’une source d’énergie peut engendrer la rupture inopportune des fonctions desservies par ces équipements, sans garantie absolue de reprise.

L’emploi de dispositifs de sélection dynamique de la source électrique active permet de résoudre ce problème en totalité. Ici, le marché propose deux grandes catégories de solutions matérielles : les STS (Static Power Switch) et les ATS (Automatic Power Switch), différenciées en premier lieu par la nature technologique de la méthode de bascule, purement électronique dans le premier cas, électromécanique pour le second. Ces dispositifs assurent de surcroît le cloisonnement strict des circuits de fourniture d’énergie.

Les STS, qui disposent d’une rapidité de transfert de source sensiblement supérieure aux ATS, prennent en charge des puissances plusieurs dizaines de fois supérieures à celles de leurs homologues. Toutefois, la rapidité moindre de transfert de source offerte par les ATS convient généralement à la plupart des équipements, tandis que la simplicité de leur conception facilite leur intégration au plus près des systèmes et que leur excellent rapport qualité/prix permet d’envisager leur distribution capillaire dans les baies à moindre coût. En fonction de la conception des architectures de distribution, les deux grandes familles se complètent ainsi plus qu’elles ne s’opposent.

Pour se former :

cellaconsilium-logo