ISO 16890 : QUEL IMPACT POUR LA GESTION DE LA PROPRETÉ DE L’AIR EN SALLE ?

Jusqu’au début du mois de juin 2018, la norme historique de classification des filtres à air particulaires EN 779-2012 pourra encore être employée. Cependant, à partir de cette date, le standard ISO 16980, publié le 30 août 2016, deviendra l’unique prescription de référence et remplacera EN 779. Avec à la clé, un nouveau système plus lisible qui régira la performance des filtres au regard de la qualité de l’air obtenue.

L’enjeu pour les concepteurs, les exploitants et les sociétés de maintenance consiste en premier lieu à bien comprendre les équivalences entre les modes de présentation des deux normes, de façon à poursuivre la mise en œuvre d’une stratégie de propreté de l’air en salle conforme aux spécifications ASHRAE (livre 8, «  Particulate and Gaseous Contamination in Datacom Environments – Second Edition » ). Rappelons que ces spécifications sont relayées dans les CGU des constructeurs de matériels IT et que ces derniers participent aux groupes de travail ASHRAE, précisément pour communiquer sur les conditions d’exploitation acceptables en salle informatique. Par ailleurs, les exploitants devront continuer d’assurer la performance énergétique de la filtration et à préserver les équipements IT du risque de pollution moléculaire (gaz polluants), même si ces thèmes sont connexes et nécessitent une approche spécifique non décrite dans ISO 16890,

Pour mémoire, EN 779-2012 classe en pratique les filtres à air particulaires (qui adressent donc les aérosols) en 3 groupes : les préfiltres gravimétriques (filtres grossiers) de classe G, les filtres d’efficacité moyenne (classe M) et les filtres fins de classe F.  Au sein de la classe F, la catégorie F7 constitue le minimum requis avant toute introduction d’air extérieur en salle informatique : un filtre F7 retient en moyenne 80 % des particules de diamètre approximatif 0,4 microns. Or, cette taille de diamètre de 0,4 microns constituait la base fixe du test d’efficacité pour les filtres M5 à F9, ce qui nuisait à la lisibilité de la classification pour l’ensemble des consommateurs et parties prenantes. C’est pourquoi ISO 16890 établit une classification rendant directement compte de la taille des particules en suspension traitées par le filtre, afin de rendre plus simple la lecture des classes de filtre. Son champ d’application s’étend bien au-delà des seules considérations intéressant les Centres de données : la Qualité de l’Air Intérieur constitue aussi un enjeu de santé publique (un être humain respire 15 kg d’air par jour, et les particules les plus fines transitent au travers des alvéoles pulmonaires avant de contaminer l’organisme).

ISO 16890 s’appuie sur l’unité de mesure PM (pour « Particulate Matter »). Ainsi :

  • PM10 désigne les particules dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 microns ;
  • PM2,5 celles dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 microns ;
  • et ainsi de suite.

Concrètement, la norme considère les efficacités ePM10, ePM2,5 et ePM1 ; au-delà de ePM10, la filtration est considérée comme grossière (« coarse »).

Un filtre ePM1 doit stopper au minimum 50 % des particules de diamètre inférieur à 1 micron, même électro-statiquement déchargé. En deçà de cette efficacité, il ne peut prétendre à la classe ePM1. Si le filtre est plus performant que ce seuil minimum de 50 % requis par la norme, cet apport est pris en compte par la classification et par paliers de 5 %. Par exemple, « ePM[65%] » pour 65% d’efficacité sur des particules en suspension de diamètre inférieur à 1 micron. La même logique s’applique à la classe de filtre ePM2,5, avec cette-fois des particules de diamètre inférieur ou égal à 2,5 microns. Pour en revenir aux salles informatiques, en pratique et compte-tenu des différents modes d’évaluation de l’efficacité des filtres, la préfiltration G4 selon EN 779 correspond à une classification coarse[90%] selon ISO 16890, tandis qu’un filtre F7 équivaut à la catégorie ePM1[50%].

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