PROPRETÉ DE L’AIR EN SALLE : SYNTHÈSE DE CE QU’IL FAUT ABSOLUMENT RETENIR

Les spécifications ASHRAE concernant les températures de fonctionnement en salle informatique ainsi que la teneur en humidité (hygrométrie) de son air intérieur sont communément comprises et intégrées dans les actes de conception et d’exploitation. Cependant, concernant la qualité de cet air intérieur, l’ASHRAE propose également un volet encore largement méconnu, dédié à sa propreté et qui s’appuie sur divers standards tels que ISO 14644-1 et ANSI/ISA 71.04-2013.

Sur le plan de ses propriétés intrinsèques, un air « propre », c’est-à-dire éligible à l’exploitation courante en Centre de données, présente des concentrations en polluants inférieures à celles admises par les constructeurs, et notamment les constructeurs informatiques. Au-delà de ces seuils de tolérance (dont le dépassement est généralement imperceptible pour l’être humain), les composants électroniques des équipements IT et des matériels de soutien se détériorent et vieillissent prématurément, raison pour laquelle les garanties matérielles pourvues par les constructeurs et relayées par les circuits de distribution ne sont valables que si les spécifications ASHRAE sont respectées en salle. Dans le cas contraire, l’irrespect de ces spécifications est potentiellement opposable, généralement par référence aux conditions générales du contrat de garantie et/ou de support.

Les détériorations constatées le sont généralement suite aux arrêts de production intempestifs, lorsque les équipements défaillants sont examinés : circuits imprimés corrodés, encrassement des organes d’évacuation de l’air chaud, pontages accidentels sources de courts-circuits… . Dans le pire des cas, l’échauffement produit par certains de ces phénomènes indésirables représente un facteur de risque d’incendie, aussi la propreté de l’air en salle constitue-t-elle parfois l’un des paramètres régissant le calcul de la prime d’assurance des actifs. Dans tous les cas, cet échauffement additionnel provoque une charge thermique supplémentaire qu’il faudra bien évacuer tant par le ventilateur unitaire du matériel IT que par les dispositifs globaux de climatisation, et ceci n’est pas sans rehausser le coût énergétique de la salle informatique et du Centre de données.

Les polluants potentiels sont catégorisés en deux sous-ensembles : d’une part, les particules en suspension, constituées d’une matière à l’état solide ou liquide flottant dans l’air. Cette première menace peut être traitée par application d’une filtration particulaire rigoureuse assortie de bonnes pratiques d’exploitation visant à réduire l’impact des opérations en salle. Encore faut-il penser correctement sa stratégie de filtration, par exemple en ne négligeant ni la protection des échangeurs thermiques ni la maîtrise du TCO du dispositif global (à ce titre, le mythe d’une filtration de qualité impliquant nécessairement un changement des filtres à cadence trimestrielle a la vie dure). D’autre part, les polluants gazeux, pour lesquels le filtre à air particulaire classique est inopérant. Il est alors nécessaire de procéder à la mise en place de filtres moléculaires (à charbon actif).

Pour se former :

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