TRANSFERT DE SALLE INFORMATIQUE : OPTIMISER LE DÉMÉNAGEMENT A BLANC

Le déménagement à blanc (ou « tir à banc ») constitue l’une des étapes clés de la préparation d’un transfert de salle informatique réussi. Puisqu’il consiste à procéder à l’extinction puis au redémarrage séquencés du contenu d’une salle informatique (avec déconnexion et reconnexion des cordons d’alimentation électrique des équipements IT pour assurer leur décharge électrostatique), son organisation opérationnelle ne diffère pas tellement de celle d’une opération de maintenance d’infrastructure impliquant un arrêt temporaire et complet d’une salle. C’est pourquoi la Maîtrise d’œuvre souhaitera probablement optimiser cet exercice afin d’y incorporer des spécificités propres à la future opération de transfert et préparer les équipes à les affronter.

Au centre du pilotage du transfert de salle se trouve le chronogramme (ou microplanning) du déménagement, document au sein duquel le chef de projet « Move » consigne l’ordonnancement minuté des différentes actions à pourvoir, depuis les premières extinctions sur le site source jusqu’aux phases de recette applicatives et Métier sanctionnant la réussite ou l’échec de l’opération sur le site destination. La Maîtrise d’œuvre a tout intérêt à aborder l’exercice de déménagement avec un chronogramme aussi proche que possible de sa version définitive pressentie. Le tir à blanc doit être considéré comme une phase de validation ou d’ajustement, non comme un outil de conception. Juxtaposé au calendrier réel de la réalisation à blanc, le chef du projet de transfert maintient un calendrier fictif au sein duquel sont indiquées les estimations des durées des phases de démantèlement, transport physique et reconstruction (rackage, connexions courants forts et faibles) en nouvelle salle. Par croisement des heures fictives et du planning des ressources, il s’assure ainsi que ne participent aux étapes de la répétition que les collaborateurs théoriquement disponibles à l’heure prévue en situation cible, selon les roulements de personnels pré-établis. Il contrôle par ce biais qu’à chaque phase, les ressources positionnées sont suffisamment nombreuses et compétentes.

Le déménagement à blanc permet aussi à la Maîtrise d’œuvre de vérifier la bonne compréhension, par les acteurs du transfert, des paramètres suivants : déclencheur de l’action demandée, compte-rendu sur action effectuée, formalisme de ces communications et méthode de prise de connaissance en temps réel de l’avancement global des opérations. Les causes des communications parasites, des prises d’initiative isolées hors-cadre, des questions récurrentes traduisant une lacune d’autonomie et des indisponibilités des équipes lors de la sollicitation du pilotage doivent être éradiquées par le chef de projet tant ces phénomènes peuvent déstabiliser gravement la bonne tenue des opérations réelles.

A contrario, si la simulation se déroule à merveille, le chef de projet devrait en profiter pour introduire un événement fictif perturbateur tant que ce dernier est suffisamment sous-contrôle pour ne pas entraver la bonne reprise à terme de la production réelle en fin d’exercice. Par exemple, s’il remarque qu’une équipe dispose d’un leader technique très compétent, il pourrait annoncer que celui-ci ne participera pas à l’étape de redémarrage pour simuler son indisponibilité soudaine. Cela lui permettrait de vérifier que la qualité des procédures pallie cette absence d’une compétence clé. Ou encore, il pourrait annoncer un léger retard lors du transfert des équipements par camion, et tester ainsi la réactivité d’équipes disposant d’un délai de réalisation réduit de 10 %.

 

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