LE DEMENAGEMENT A BLANC

En matière de déménagement informatique, peu de marges de manœuvre existent pour le retour arrière. En cas de problème grave survenant sur le site cible lors du transfert, il est rarement envisageable d’initier une action de déménagement inverse : quand bien même une telle opération serait exceptionnellement possible sur le plan logistique, un transfert de SI entre deux sites privatifs ou deux centres de données implique également de nombreux interlocuteurs externes qui doivent ajuster leurs infrastructures en adéquation, avec des délais de prévenance parfois contractuels.

C’est pourquoi l’opération de déménagement informatique introduit une spécificité de gestion pour son chef de projet : l’identification et le traitement des risques induits par le transfert s’avèrent d’une importance capitale pour le pilotage du projet. Un maximum de risques, de points d’attention ou d’ambigüités doivent être pris en charge par anticipation, voire éradiqués avant le déroulement des opérations. Le gestionnaire de l’opération « Move » dispose pour ce faire d’une palette d’outils et de méthodes pour réassurer les actions de terrain ; ici, le « déménagement à blanc » constitue l’un des moyens de circonscrire de nombreux écueils.

Le déménagement à blanc consiste à simuler le transfert de la salle informatique, mais sans déplacer quoi que ce soit : hors-production, l’extinction ordonnancée et maîtrisée des composants informatique est déroulée selon les procédures en vigueur, puis les équipements sont électriquement débranchés. Après un laps de temps nécessaire à la décharge électrostatique complète des matériels, ces derniers sont de nouveau alimentés en électricité, puis redémarrés selon la séquence logiquement applicable jusqu’à la recette de la reprise en production.

Réaliser cette opération permet de répondre à de nombreuses questions avant qu’elles ne deviennent des problèmes bloquants le jour des opérations réelles. Par exemple :

  • Les portions du micro-planning opérationnel (chronogramme) adressant les opérations d’extinction pré-move et de redémarrage post-move sont-elles réalistes en estimation de durée et de marge temporelle de sécurité ? Correspondent-elles aux contraintes d’échéance et de délai prévisionnels ?
  • Les responsables identifiés à chaque étape ont-ils bien compris leur rôle (déclencheurs de leurs actions propres, formalisme des comptes-rendus à pourvoir à l’issue de celles-ci…) ? Ceci s’applique aux interlocuteurs Métier en charge des recettes fonctionnelles ;
  • Tous les matériels, et en particulier ceux qui redémarrent à faible fréquence, sont-ils bien opérationnels à l’issue du test ? Faut-il faire remplacer des blocs d’alimentation ou des disques durs ?
  • Les procédures d’arrêt/reprise de chaque composant sont-elles parfaitement maîtrisées, à jour et complètes par les équipes informatiques ? Les données de configuration sont-elles prêtes à la réinjection ?
  • La séquence d’arrêt et de reprise respecte-t-elle les spécifications de cohérence et de dépendance découlant des modèles OSI et TCP/IP ?

Pour se former :

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